I – le dispositif ACCRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise)
Le dispositif ACCRE est l’aide au demandeur d’emploi créant ou reprenant une entreprise consistant en une exonération de charges sociales pendant un an à compter soit de la date de l’affiliation au régime des travailleurs non-salariés, soit au début d’activité de l’entreprise, si l’assuré relève du régime des assimilés-salariés.
L’exonération ne porte que sur la partie des revenus ou rémunérations ne dépassant pas 120 % du SMIC en vigueur au 1er janvier.
Sont prises en charge, les cotisations (patronales et salariales pour les salariés) correspondant :
– à l’assurance maladie, maternité, invalidité, décès ;
– aux prestations familiales ;
– à l’assurance (de base) vieillesse et veuvage ;
– au risque accident du travail, lorsque les bénéficiaires entrent dans le champ d’application d’un régime obligatoire d’assurance contre ce risque (personnes salariées ou assimilées).
Les bénéficiaires sont :
– des demandeurs d’emploi indemnisés ou susceptibles de l’être ;
– des demandeurs d’emploi non indemnisés, ayant été inscrits 6 mois au cours des 18 derniers mois à l’ANPE ;
– des bénéficiaires de l’allocation d’insertion ou de l’allocation temporaire d’attente (l’ATA a remplacé l’allocation d’insertion) ;
– des bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
– des bénéficiaires de l’API (allocation parent isolé) ;
– des bénéficiaires du RMI (revenu minimum d’insertion), ou leur conjoint ou concubin ;
– des personnes remplissant les conditions pour bénéficier de contrats “nouveaux services-emplois-jeunes” ainsi que celles embauchées dans le cadre de ce dispositif et dont le contrat de travail a été rompu avant le terme de l’aide ;
– des jeunes âgés de 18 à moins de 26 ans (sans autre condition) ;
– des jeunes âgés de 26 à moins de 30 ans, qui n’ont pas travaillé pendant une période suffisamment longue pour ouvrir des droits à l’Assedic, ou qui sont reconnues handicapées ;
– des salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté (dans le cadre d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire) ;
– des titulaires d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape), s’ils remplissent l’une des conditions ci-dessus ;
– des bénéficiaires du complément de libre choix d’activité (allocation versée aux personnes qui interrompent totalement ou partiellement leur activité professionnelle pour s’occuper de leur enfant de moins de trois ans) ;
– et dans le cadre d’un projet de création d’entreprise, les personnes qui créent une entreprise dans une zone urbaine sensible (ZUS).
Afin de bénéficier de l’ACCRE une demande écrite doit être adressé auprès de la direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle du siège de leur entreprise.
Les bénéficiaires doivent créer ou reprendre une entreprise, quel que soit son secteur d’activité, sous forme d’entreprise individuelle ou de société (associations, GIE et groupements d’employeurs exclus) et en exercer effectivement le contrôle c’est-à-dire :
· soit détenir plus de 50 % du capital (seul ou en famille (sont prises en compte les parts détenues par le conjoint, les ascendants et descendants de l’intéressé) avec au moins 35 % à titre personnel) ;
· soit être dirigeant dans la société et détenir au moins 1/3 du capital (seul ou en famille avec au moins 25 % à titre personnel) sous réserve qu’un autre associé ne détienne pas directement ou indirectement plus de la moitié du capital.
II – Dispositif EDEN (encouragement au développement d’entreprise nouvelles)
Le dispositif EDEN, mentionné à l’article L 351-24 du Code du Travail, est une aide financière à la création des entreprises par des personnes sans emploi. Cette aide prend la forme d’une avance remboursable.
Cette aide financière est exonérée d’impôt sur le revenu.
Bénéficient, dans le cadre du dispositif d’encouragement au développement d’entreprise nouvelle, d’une aide financière de l’Etat, les personnes suivantes :
- les bénéficiaires de l’allocation du revenu minimum d’insertion (RMI) ou leur conjoint ou concubin, et les bénéficiaires de l’allocation de parent isolé (API) ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
– les personnes éligibles aux emplois – jeunes ou les bénéficiaires de ce dispositif dont le contrat se trouve rompu avant le terme des aides de l’État qui y sont attachées ;
– les personnes salariées ou licenciées d’une entreprise soumise à une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, qui reprennent tout ou partie de cette entreprise, dès lors qu’elles s’engagent à investir en capital la totalité des aides et à réunir des apports complémentaires en capital au moins égaux à la moitié des aides accordées ;
– les personnes ayant conclu un contrat d’appui au projet d’entreprise, sous réserve qu’elles remplissent les conditions pour bénéficier de l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACCRE) ;
– les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans inscrits à l’ANPE (C. trav., art. L. 351-24 et R. 351-41, 4°
L’octroi de l’avance remboursable n’est pas automatique. Cette avance est ouverte uniquement dans la limite des crédits prévus au budget de l’État. Il s’agit d’un prêt sans intérêt, attribué après expertise du projet de création ou de reprise d’entreprise, à une ou plusieurs personnes physiques (C. trav., art. L. 353-24 et R 351-41-1, al. 1er modifié).
Le droit à l’avance est en outre, subordonné à plusieurs conditions. Ainsi, le créateur ou le repreneur d’entreprises doit :
– s’engager à intégrer le montant de l’avance remboursable au capital de la société créée ou reprise, ou, le cas échéant, à l’utiliser pour le fonctionnement de l’entreprise individuelle créée ou reprise (C. trav., R. 351-41-1, al. 1er modifié),
– obtenir un financement complémentaire (C. trav., R. 351-41-1, al. 1er modifié),
– en cas d’acceptation implicite ou explicite de la demande, exercer la nouvelle activité dans le délai de trois mois à compter de la notification de la décision ou à l’expiration du délai de deux mois courant à compter de la délivrance de l’accusé de réception du dossier. Il appartient à l’intéressé de faire parvenir en temps utile au service instructeur de sa demande tout document (extrait K bis, déclaration TVA, factures à acquitter avec relevé bancaire) permettant de faire la constatation de l’exercice de la nouvelle activité. (C. trav., art. R. 351-46, al. 1er modifié).
Le financement complémentaire doit être :
– obtenu auprès d’un organisme mandaté ou d’un établissement de crédit ;
– au minimum égal à la moitié du montant de l’avance remboursable.
Le montant de l’avance remboursable varie en fonction des caractéristiques financières du projet et du nombre de personnes physiques bénéficiaires de l’aide (C. trav., art. R. 351-41-1, al. 4 modifié).
Le seuil maximal est de :
– 6 098 € maximum par bénéficiaire ;
– 9 145 € au total, lorsque le projet de création ou de reprise est présenté par plusieurs personnes.
Toutefois, ce dernier montant serait porté à 76 225 € lorsque le projet est présenté par des salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté.
L’avance est remboursable dans le délai de 5 ans, le premier versement devant intervenir au plus tard 12 mois après le versement de l’avance (C. trav., art. R. 351-41-1, al. 5 nouveau).
Comme dans le système antérieurement mis en place, l’avance peut en outre être remboursable, par anticipation, si elle a été obtenue par suite de fausses déclarations ou si la condition de contrôle effectif de la société créée ou reprise prévue à l’article L. 354-24 du Code du travail cesse d’être remplie dans les 2 ans suivant la création ou la reprise.
En cas de cessation de l’activité créée ou reprise, ou de cessation de l’entreprise dans le cadre d’une procédure judiciaire, le préfet peut, sur décision motivée, ne pas exiger ce remboursement (C. trav., art. R. 351-48 modifié).
Sur le retrait et le remboursement des cotisations sociales.
Pour obtenir l’aide :
Retirer, avant la création ou reprise de l’entreprise, un dossier de demande d’avance remboursable Eden :
- auprès d’un organisme de soutien à la création et à la reprise d’entreprise, mandaté pour l’octroi et la gestion de cette aide,
- ou auprès de la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.
Ce dossier doit contenir :
- un dossier économique présentant le projet de création ou de reprise d’entreprise.
- Une offre de prêt d’un établissement bancaire ou financier (dans ce cas, il peut s’agir d’une offre de crédit-bail), ou une attestation de membre de la famille en cas de prêt familial,
- Une attestation sur l’honneur de non-bénéfice de l’aide au cours des 3 années précédentes, et, pour les personnes ayant déjà été chef d’entreprise, qu’elles sont à jour de leurs obligations à l’égard des organismes de recouvrement de cotisations sociales.
- Un relevé d’identité bancaire ou postal
- Un CV
- Et tout autre document permettant d’apprécier la réalité, la consistance et la viabilité du projet au regard de l’environnement économique local, des moyens mobilisés et des compétences du créateur ou repreneur.
En outre, le demandeur doit fournir les pièces permettant d’apprécier sa situation personnelle et son éligibilité à l’aide.
L’organisme statue sur la demande dans un délai de 2 mois à, compter de la date de dépôt du dossier. Il notifie sa décision au porteur de projet et en informe l’URSSAF compétent. En revanche, le défaut de réponse dans ce délai vaut rejet de la demande.
En cas de réponse favorable, le porteur de projet dispose d’un délai de 3 mois, à compter de la notification de la décision d’acceptation, pour justifier des formalités de création ou de reprise de l’entreprise.
N’hésitez pas à utiliser notre lien avec l’ADE et à consulter le guide du créateur de l’entreprise 2008.


